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Le Sens du toucher

Court-métrage de 12 minutes réalisé par Jean-Charles MBOTTI MALOLO

18/03/2013
 
«  Il ne sert à rien d’éprouver les plus beaux sentiments du monde si l’on ne parvient pas à les communiquer »
Stephan Zweig

Synopsis :

Chloé et Louis s’aiment secrètement mais ils n’arrivent pas à se l’avouer. Leurs gestes se substituent aux mots. Ils dansent, chaque parole est une chorégraphie.
Louis se décide un soir à inviter Chloé à dîner chez lui. Quand elle arrive, il se rend compte qu’elle a recueilli des chatons perdus. Il choisit de faire abstraction de son extrême allergie aux chats mais il a beaucoup de mal à se détendre.
Le dîner va alors révéler ses côtés les plus sombres. Il a horreur de sa propre rigidité et l’insouciance de Chloé va le pousser dans ses retranchements. Le rythme du ballet change, Louis complètement transformé en monstre boursouflé par l’allergie, met Chloé à la porte…


La naissance des idées :

Les prémices du Sens du toucher remontent à l’année 2009. Après avoir travaillé aux décors du long métrage « Kerity la maison des contes », coproduit par la Fabrique, et tenaillé par l’envie de réaliser un nouveau film, Jean-Charles présente son projet à Folimage qui, via le comité artistique, accepte de le produire. La chaîne Arte confirme sa participation et s’ensuit alors un travail d’écriture en liaison avec Jacques-Rémy Girerd, de ce qui deviendra la version définitive du Sens du toucher.

« Je voulais faire un film qui mette en scène une vraie histoire et pas un simple concept, comme j’avais pu le faire dans mon film de fin d’études. Je me suis donc concentré sur l’écriture du scénario avant toute chose ».

Le postulat de départ prend forme. Le sujet traitera d’un homme avec un énorme défaut : ne pas réussir à exprimer ce qu’il veut dire et ressent, et les ennuis qui en découlent.

« L'idée de base était celle d'un homme allergique aux chats qui rencontrerait une fille folle de ce type d'animal, et n'oserait pas lui en parler. Mais on m'a vite fait remarquer que si mes personnages était trop antagonistes, ils n'avaient aucun intérêt à rester ensemble. Ils se rencontraient, ça ne collait pas et point, fin de l'histoire. Il a fallu que je cherche quelque chose de plus profond. »

Les recherches de Jean-Charles se tournent alors vers la langue des signes. Exprimer par le corps ce qui ne peut l'être par la voix, quel biais plus logique pour quelqu'un pratiquant la danse hip-hop depuis de nombreuses années ? Les personnages principaux seront donc tous deux sourds, réunis dans cette infirmité malgré leurs caractères radicalement opposés ; Chloé est une jeune fille heureuse de vivre et insouciante avec une grande affection pour les animaux, tandis que Louis est bien plus réservé et irrémédiablement allergique aux chats.
Entre les deux protagonistes, les sentiments s'expriment à travers la matière, en se touchant les mains, en tapotant une porte, une table ou un mur. La communication est théâtralisée et les mouvements sublimés par la danse des corps.

Une fois le script achevé, un dossier complet est envoyé à Annecy dans le cadre de son Appel à Projets (édition 2011). Le court métrage y est préacheté par Arte et la machine se met en branle. Pas question de reculer ni de faire les choses à demi : afin de s'immerger totalement dans l'univers développé dans le film, Jean-Charles suit pendant un mois une formation en langues des signes, après avoir rencontré Emmanuelle Laborit, comédienne sourde talentueuse qui sera conseillère sur le film.

« Pour moi, en tant qu'entendant, je découvrais une façon de s'exprimer complètement différente. Avec la langue des signes on est obligé de regarder la personne à qui on s'adresse, on ne peut pas faire semblant d'écouter. Tout tourne autour de la manière dont on perçoit et ressent l'autre, c'est une connexion bien plus forte qu'un échange de vive voix. »

L’animatique est lancée en février 2012 et s'achève entre mai et juin (EXTRAIT VIDÉO EN BAS DE PAGE). La danse et la langue des signes s’entremêlant étroitement dans le court métrage, le réalisateur se plonge ensuite dans un travail avec la compagnie de danse hip-hop « Stylistik » dont il fait partie. La musique est réalisée en juillet avec la complicité de Camille, auteur-compositeur et chanteuse surdouée, et le layout débute en août à la Fabrique. Y est également réalisée la couleur de mi octobre à mi novembre. Depuis janvier 2013 un quatuor constitué de Jean-Charles, Guillaume Lorin et Susanne Seidel, assistés par Emmanuelle Grivet, travaille à l'animation dont la fin est normalement prévue en mai. La livraison définitive est attendue en janvier 2014.

Du point de vue de la technique, le film a été réalisé en animation traditionnelle, choix motivé par le thème abordé dans le court métrage.

« Le film s'appelle Le Sens du toucher, partant de ce principe il était pour moi complètement illogique de travailler sur une machine, il fallait que ça se fasse sur papier. ».

Au confluent de trois langages que sont danse, cinéma d’animation et langues des signes, le film clame haut et fort que l’émotion n’est pas tributaire des mots pour pouvoir s’exprimer pleinement. On ose quand même briser le silence pour lui souhaiter bonne chance.

Les partenaires :
Folimage. Coproduction La Fabrique / Arte. Avec le soutien de : CNC / Région Rhône Alpes / Région Languedoc Roussillon / Procirep/Angoa / Alcimé / Fondation Beaumarchais.

Merci à Jean-Charles pour toutes ces précieuses informations.